Qui es-tu, Daphnée Laurendeau ?

Cette semaine, c'est Daphnée que nous rencontrons... Et comme pour La question des fleurs, nous constatons que des questionnements similaires peuvent donner des réponses opposées !


Qu’est-ce qui t’a amené à pratiquer la danse ?

C’est ma mère qui m'a inscrit à un cours de ballet à 5 ans. Après, mon professeur à l’école de loisir a remarqué que j’avais un talent et m’a proposé d’aller étudier à l’École supérieure de ballet du Québec en sport étude. J’y ai été acceptée à 12 ans et j’y suis restée de mon secondaire 1 jusqu’à mon CEGEP. Pendant toutes mes études, je ne pensais qu’à mon amour de la danse et je ne me mettais pas de pression sur une question de carrière, j’aimais danser et je pouvais continuer mes études en même temps. Au fur et à mesure, la danse est restée dans ma vie.


Tu dis que le chemin a été assez fluide, mais est-ce qu’il y a eu un moment où tu as su que la danse allait être ton métier ?

Avec le Jeune ballet du Québec ! Les trois dernières années de mes études, au CEGEP, j’étais au Jeune ballet qui est comme une troupe d’insertion professionnelle où on vit la vraie vie de compagnie. On avait des tournées, on faisait des créations. C’est à ce moment que j’ai compris que le métier de danseuse était une évidence pour moi.


Quel autre métier te voyais-tu faire à l’époque ?

J’ai longtemps hésité à devenir psychologue ! Et puis quand j’ai finalement décidé de faire une carrière en danse, c’était certain que je n’allais pas reprendre par la suite des études d’une dizaine années.


Comment conçois-tu le métier de danseur ? C’est-à-dire, qu'est-ce qui fait pour toi un bon danseur, au-delà de la technique ?

Je pense qu’il faut une curiosité, une ouverture, et un désir de perfection. Par là je veux dire un désir d’atteindre le maximum de soi-même. La perfection, c’est quelque chose de subjectif, chacun a sa vision de ce que c’est, mais c’est ce qu’un bon danseur cherche à atteindre selon moi.


Est-ce que tu es plutôt interprétation d’un rôle ou expression d’une idée/sentiment ? Ou tu ne conçois pas de différence entre les deux ?

Je préfère l’idée et le sentiment, mais d’une certaine manière, l’idée et le sentiment peuvent m’amener à devenir un personnage au bout d’un moment. J’ai travaillé des rôles surtout à l’école, puisqu’on explorait le répertoire classique, mais beaucoup plus rarement par la suite. Dans mes expériences professionnelles, l’émotion était plus travaillée à travers le corps que l’expression faciale.

L’expression faciale est donc ce qui constitue une interprétation de personnage pour toi ?

Oui peut-être en partie, parce quand on me demandait de paraître plus joyeuse par exemple, je travaillais mes expressions, car la chorégraphie était déjà dessinée. Mais bien évidemment, l’interprétation du personnage se construit bien au-delà du visage.

Comment est-ce que tu te décrirais en scène ? Comment sait-on que c’est Daphnée danse ?

Je ne sais pas comment on me voit, mais je sais comme je me sens. J’espère qu’on me voit ouverte, honnête, vulnérable. J’ai toujours été quelqu’un d’assez timide, et être sur scène me permettait de ne plus être timide, aujourd’hui, j’affirme de plus en plus ce que je veux dire en dansant.

Et qui est Danny en scène ?

C’est quelqu’un d’investi, clairement dans une physicalité, avec une très grande confiance en la scène, en tout ce qui se passe dans cet espace là.

Tes 3 chorégraphes préférés ?

J’ai adoré danser William Forsythe. Crystal Pite, pour ce qu’elle fait pour les femmes dans ce métier, pour le Canada, mais aussi parce qu’elle est apparue avec son style très fort. Et bien évidemment, Pina Bausch. Voir ses pièces sur scène a été une expérience unique pour moi. En tant qu’étudiante dans une école de ballet, ses spectacles sont les premiers qui m’ont fait comprendre la danse contemporaine et ses mouvements qui n’étaient pas dans le vocabulaire que je pratiquais à l'époque.


Est-ce que tu as eu parfois envie de retourner en danse classique ?

J’adore le classique, une petite variation de temps en temps c’est agréable, mais c’est un milieu très difficile. C’est compliqué de faire une grande carrière dans le ballet, j’aurais aimé faire partie d’une compagnie qui fait les deux, mais c’est souvent le cas des grandes compagnies, et ma personnalité était plus à l’aise dans des plus petites équipes.


Que représente La question des fleurs pour toi en tant qu’interprète et en tant que personne qui évolue dans une carrière ?

Je me vois un peu en fin de carrière, alors La question des fleurs c’est un énorme cadeau. Un cadeau d’avoir une soirée à moi et à Danny et de pouvoir encore apprendre. J’ai fait beaucoup de découvertes en échangeant avec ces quatre chorégraphes avec qui je n’avais encore jamais travaillé, et j’ai encore mille choses à apprendre. La danse est un métier où l’apprentissage n’est jamais fini, et c’est une passion qui me restera.


Je ne te demande pas quel métier tu te vois faire dans le futur, parce que tu viens juste de rejoindre l’Agence Mickaël Spinnhirny ! Quelles sont tes attentes par rapport à ton travail et qu’est-ce que tu souhaites développer ?

J’aime beaucoup la transition que j’ai entamée. Le travail à l’Agence me motive beaucoup, je suis passionnée et encore une fois, j’apprends énormément. J’ai toujours dit que je resterai dans le milieu une fois que j’aurais mis fin à ma carrière de danseuse, et rejoindre l'Agence est le meilleur moyen de continuer à donner à ce milieu, d’une autre façon.

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